Il s’est passé quelque chose de très triste aujourd’hui. Hélas, ce sont des choses qui arrivent et qui sont très difficile pour les concernés. Je ne sais pas exactement quand est-ce arrivé.
Il parait qu’ils ont essayé de me joindre toute l’après-midi.
Bref, moi j’étais dans mon train-train habituel, Brax m’avait donné des rapports à saisir. Je m’étais attelée à la tache avec sérieux. Il m’a laissé entendre qu’il était content de mon travail. J’étais contente. Je ne l’ai pas montré, c’était une de mes règles.
J’avais oublié mon portable chez moi.
Vers 17h, j’ai remis la main dessus. Je me souviens pas combien d’appels manqués s’étaient affichés. Tous provenaient de Didier. C’était vraiment étrange. Je l’ai donc rappelé, et je suis tombée direct sur la messagerie. Toujours très étrange. D’habitude, il répond tout de suite. Surtout s’il a un problème qui s’appelle Sally.
C’est vrai que je ne leur ai pas donné signe de vie du week-end. Léger remord. Eux sont ensemble, en couple, heureux.
Moi je suis en couple, seule, et triste. Plus pour très longtemps, théoriquement.
Il a rappelé quinze minutes plus tard. Il avait l’air affolé :
- Anaïs ! J’ai essayé de t’appeler tout l’après-midi ! Il ne se passe rien de grave au moins ?
- Non, non, c’est de ma faute, je suis désolée. J’avais oublié mon portable chez moi. Ça arrive rarement mais… Tu vois, ça arrive !
- J’espère que je ne te dérange pas ?
- Non, pas du tout. Qu’est-ce qui se passe ?
Il hésite et reprend :
- Voila, il s’est passé quelque chose de triste et difficile. Et j’ai besoin de toi.
- Je ne comprends pas, qu’est-ce que… ?
- C’était un accident bête, me coupe alors le jeune homme, seulement voila, c’est arrivé et les conséquences sont tragiques… Pour nous, bien sur.
- Didier, explique-moi, je suis perdue.
Il soupire, je l’entends distinctement, et cette fois, c’est une voix ennuyée qui reprend :
- Sally a glissé dans les escaliers, en descendant pour partir au travail. Elle est tombée. Elle s’est mise à saigner. Et elle a perdu le bébé.
- Oh putain ! Merde ! Comment elle va ?
- Elle est tirée d’affaire mais par précaution, elle va passer une nuit à l’hôpital.
- Je suis tellement désolée pour vous ! Je ne sais pas quoi dire, je suis sous le choc !
- Il n’y a rien à dire… Ou du moins, il faut que tu trouves quoi dire à Sally pour lui remonter le moral. J’échoue lamentablement. Elle ne fait que pleurer.
- C’est normal, entre le choc et…
- Je ne veux pas savoir si c’est normal. Tout ce que je sais, c’est que ça me fend le cœur de l’à voir dans cet état. Tu es une si ce n’est son amie la plus importante à ses yeux. Alors j’ai besoin de toi. S’il te plait, viens et essaye de lui remonter le moral. Viens s'il te plaît.
- Mais je n’arriverais pas à lui remonter le moral, Didier ! Personne n’y arriverait ! Surtout si toi tu as échoué, comment veux-tu que ????
- Tu es mon seul espoir Anaïs, il faut au moins que tu essayes. Je te dis, moi j’ai raté, et je me sens impuissant. Comment veux-tu que…
J’ai finis par céder à sa requête. Je suis allée voir Sally à l’hôpital. Elle reste mon amie et c’est normal que j’aille l’à voir. La pauvre. J’aimerais l’aider.
Effectivement, elle ne fait que pleurer ce bébé perdu. Elle s’était attachée à lui, lui parlait tout les jours en mettant les mains sur le ventre. Ça m’a beaucoup touchée. Elle avait peur de ne plus pouvoir tomber enceinte. Ou de ne pas arriver à terme. Que ça se reproduit. Elle se déteste et ne cesse de dire des phrases du genre :
- Je n’aurais pas du aller au boulot ce matin-là, de toute façon je me sentais pas bien. J’aurais du m’écouter.
Je lui fais remarquer que tel est le destin, si c’est arrivé, c’est que ça le devait. Elle a de la chance, elle n’a pas perdu son bébé à huit mois. Ce doit être encore plus difficile comme situation. Elle l’admet du bout des lèvres. Je me sens idiote de lui sortir ça, c'est loin d'être un élément consolateur. Peut-être que cela l'aidera à relativiser.
Je suis sortie au bout d’une heure, prétextant devoir passée un appel. Et pourquoi prétextant ? Il n’y avait rien de plus vrai. Je suis toujours très inquiète pour mon frère qui déconne avec les antidépresseurs. Heureusement qu’il a accepté d’aller chez mes parents ce week-end, il était sous les yeux d’un médecin, au moins. Il aurait aimé rentrer aujourd’hui mais finalement, je lui demandais de rester chez nos parents :
- Je vais rentrer tard, j’ai eu un imprévu. Non, je ne suis plus à Milan, mais bien à Grenoble. J’ai tout de même un imprévu, et je te précise que c’est un imprévu triste pour que tu ne te fasses pas d’idée, ça ira comme ça ?
Mon frère tentait de se montrer jovial au téléphone. Mais ça ne prenait pas. Je ressentais son mal-être juste à travers sa voix. Je l’ai invité à revenir demain. Et je lui promets que je l’appelerais pour le prévenir que je suis chez moi.
Je me sens frustrée entre ce qui arrive à mon amie, cette chère Sally qui connaît le bonheur avec Didier et qui vient de le voir partir en courant (la pauvre), et mon frère qui ne se remet pas de sa séparation d’avec Anne. Ça fait bizarre de voir qu’il est si mal. Est-ce à cause de sa trahison qu’il remet tout en cause et se sent si mal ? Si ce n’est pas ça, je ne comprends plus rien du tout.
|
|
|||
|
|
Derniers Commentaires