Non, je ne m'y attendais pas. Elle est venue à mon boulot. Dans un premier temps, je pensais qu'elle venait ici
pour voir son homme, enfin mon chef. Jean-Pierre Brax. Erreur.
- Bonjour Anaïs, m'accoste-t-elle.
Je lève les yeux sur elle :
- Salut Marine ! Tu viens voir Jean-Pierre ?
Et la, ô surprise, elle me sort :
- C'est à toi que je souhaitais parler. Est-ce que tu as un moment à m'accorder ?
Je ne voyais aucune raison de refuser. Enfin si, une... Cette montagne (papier) à traiter. Déjà jeudi, plus que deux jours pour tout traiter. Ouais, ça urge, ma vieille... Ou ça fera un petit
souvenir à Mathilde.
- Ok, mais pas trop longtemps, accordais-je. Je serais en vacances la semaine prochaine, alors j'ai un million de tâche à faire... Tu connais ça, ajoutais-je en souriant.
- Pas vraiment, répondit-elle, mais bon, vu qu'on travaille en équipe, c'est pas pareil. Je ne te retiendrais pas longtemps, ne t'en fais pas. Pourrions-nous sortir de ton bureau ? Je ne voudrais
pas que Jean-Pierre entende ce que j'ai à te dire.
Merde. La, oui, ça me fait chier.
- Comme tu veux. La salle de pause, ça te va ?
- Il y va, de temps en temps ?
- Bien sur.
- Alors non.
- Et l'extérieur, ça te tente ?
Avant qu'elle n'ouvre la bouche, j'ajoutais aussitôt :
- Non, il n'y va jamais.
- Oui, ça me convient. Je t'offre un café.
Le jour ou je n'emmènerais plus de pognon au boulot, pour me payer un café, personne n'y songera. En attendant, je me trimballe toujours avec de la mitraille au cas ou. De temps en temps,
j'arrive à en offrir un. Mais ça ne fonctionne pas souvent. Daphné continue à me l'offrir, oui, mais ce n'est plus pareil : elle a une cafetière dans son bureau.
Nous sommes donc sorties. Marine souhaitait éviter la sortie principale. Elle m'avoua :
- J'ai guetté de dehors que votre collègue blonde s'absente pour entrer.
- Qui ça ? Micheline ?
- Oui, elle. Je ne voulais pas qu'elle rapporte à Jean-Pierre que je suis venue ici.
Cette confidence m'intriguait horriblement :
- Tout de même, Marine, ce ne serait pas un drame que Jean-Pierre apprenne que tu es venue ici !
- Détrompe-toi, Anaïs. Il était contre ma venue ici. Il ne voulait pas que je vienne m'entretenir avec toi.
- Pourquoi ?
- Je vais te l'expliquer.
Il y avait des bancs, dehors. Je l'invitais à s'installer, par chance nous étions à l'ombre.
- Anaïs, est-ce que Jordan va bien, en ce moment ?
- Pourquoi cette question ?
- Est-ce qu'il t'a dit des trucs que j'aurais fait et qu'il n'a pas apprécié ?
- Non.
- T'es sure ?
- Non, me rappelle pas. Pourquoi cette question ?
- Tu n'es pas sans savoir qu'il nous a adressé une lettre de démission. Je dis nous, je me sens tellement concernée !
- Oui, évidemment que je suis au courant. Il a prit cette décision en son âme et conscience, je ne pense pas qu'i y ait grand chose à ajouter à ce sujet.
- Si, justement, si. Je pense qu'il fait une grosse connerie en quittant l'Enlure.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut dire ça, Marine. Adresse-toi à lui.
- Je l'ai fais, il ne m'écoute pas ! Impossible de le raisonner. Si l'on perd un aussi bon élément que lui, on va perdre de notre efficacité, et déjà que ça ne va pas très fort... Non, non, il ne
faut pas qu'il parte.
- Marine.... Je ne peux vraiment rien faire. Je suis désolée, mais je ne peux rien faire !
Elle insiste, elle voudrait que je parle avec Jordan. Je n'en ai pas le courage, l'envie et la force. Il faut qu'elle comprenne ça. Difficile de lui faire comprendre.
Brax m'engueulera ensuite pour mon absence inopinée.
Je m'excuse platement et sans véritable justificatif. Plus de ça, elle me met dans une situation délicate.
Je me demande même si je vais aborder le sujet avec Jordan.
En plein doute en ce moment, est-ce réellement une bonne idée ?
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Mardi 24 août 2010
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24
/08
/Août
/2010
22:51
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Par Miss Sparrow
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